Le vieux baobab de la musique centrafricaine, Michel Darmand déplore le manque de la politique culture.
Le vieux baobab de la musique centrafricaine, Michel Darmand, au cours d’une interview sur le site « www. Jpaprod.com » a déploré le manque de la politique culture qui entrave le bon fonctionnement de la promotion des arts, vecteur du développement d’un pays donné. Il a saisi cette opportunité pour lancer un appel vibrant à tous les artistes de se mobiliser pour la cause.
Vous êtes connu sur le nom de Dr. Wech, est-ce votre nom de famille ?
C’est pseudonyme, mon nom de famille est : Darmand Michel. Vous savez dans la vie, il faut chercher à avoir un pseudonyme. J’ai hérité ce pseudonyme à l’issue d’un concours de chansonnier dont j’étais le major c’est ainsi que les membres du jury mon attribués ce nom du Dr.Wech.
Pouvez-vous nous parler de votre vie professionnelle ?
Je suis admis à valoir mes droits à la retraite après trente deux ans de service l’Office Centrafricaine de Sécurité Sociale (OCSS) en qualité de Contrôleur Principal. Ma passion pour la carrière musicale est une vocation, entretemps je m’intéressais aux orchestres congolais, plus précisément le musicien Kabacélé de l’orchestre African Jazz. Alors en écoutant plus souvent ses chansons, j’essayais de les imiter et le hasard a fait que je suis devenu maintenant musiciens.
Pouvez-vous retracer le parcourt de l’Orchestre Centrafrican Jazz ?
En vérité l’orchestre Centrafrican Jazz a été fondé par trois personnes, il ya M. Maurice Tchoka, de nationalité Camerounaise, propriétaire à l’époque du bar « Dancing Etoile », qui avait mis les instruments en notre possession, pour que Prosper Mayélé et moi, mettions en place le groupe dénommé « Centrafrican Jazz » en 1964. C’est ainsi que Mayélé et Maurice Tchoka l’ ont crée, je suis donc co-fondateur, certes.
Mais aujourd’hui, les deux autres ne sont plus de ce monde. Je suis devenu maintenant le fondateur. Depuis sa création l’orchestre avait évolué en dent de scie. Sous le règne de l’Empereur Bokassa 1er, il a été suspendu pour une chanson que le public centrafricain garde en mémoire. C’est historique.
En 1998, le groupe a repris ses activités, grâce à l’opérateur culturel, Régis Sissoko, qui se trouve actuellement en France. Ce dernier a remonté le groupe et que les répétions se faisaient dans son studio Bonga-Bonga. Après quoi, nous avons continué toujours en évoluant en dent de scie. Ce n’est qu’en 2001, que nous sommes bien assis, parce que le Président de la République,nous avait octroyé un support financier ce qui nous a permis de payer les instruments et actuellement l’orchestre Centrafrican -Jazz donne ses concerts.
Avez-vous un projet d’avenir ?
Mon projet d’avenir est de pouvoir mettre en place un studio d’enregistrement dont je solliciterai le financement auprès de nos partenaires. Je crois que ceux-ci pourront m’aider dans ce sens afin d’asseoir mon projet.
Est-ce que vous avez formé des musiciens pour la relève ?
S’il vous plaît, la musique que nous faisons actuellement est professionnelle. Nous n’avons pas le temps de former les musiciens. Un peu partout ailleurs, en Afrique un musicien se forme sur le tas et il intègre un orchestre pour exceller ses talents. L’idéal pour la formation d’un musicien, se fait dans une école de musique. Moi, j’ai fait trois ans à Kinshassa, j’ai constaté qu’aucun artiste n’est formé par les grands artistes. Les musiciens congolais ne s’auto-forment que ça soit en guitariste ou chanteur. Nous avons des jeunes qui ont intégré l’orchestre Centrafricain Jazz et font des efforts pour être à la hauteur. Mais ce n’est pas facile.
Est-ce qu’un artiste centrafricain vit de son art ?Vous savez en ce moment les musiciens centrafricains n’ont plus d’avenir. Vous savez que les droits d’auteur reviennent aux artistes, nos œuvres qu’on diffuse sur les ondes de la Radio Centrafrique ne sont pas payées. Ça fait au moins de plus de vingt cinq ans que la Radio Nationale utilise nos œuvres.
Prenons des exemples en Côte d’Ivoire, en France, au Congo au Cameroun, les musiciens vivent de leurs produits. En Centrafrique, on assiste une piraterie de grande envergure. Pour le moment, on n’a pas d’avenir. Nous avons l’union des Musiciens de Centrafrique (UMC) qui fait un effort, mais ce n’est toujours pas ça. Nous avons aussi le Bureau des Droits d’Auteurs Centrafricain (BUCADA),même-moi, j’étais Directeur, mais jusqu’à aujourd’hui ça ne tient pas.
Donc, en principe les musiciens devraient poursuivre la radio. Elle nous doit beaucoup d’argent. Les musiciens centrafricains n’ont plus d’avenir en République centrafricaine, ça franchement. Vous savez en République Centrafricaine, les politiques n’encouragent pas les artistes. L’avenir des musiciens est sombre en Centrafrique.
Votre mot de la fin ?
Je demande à tous les artistes de rester unanimes et de réclamer nos droits à la justice, pour que la justice soit faite et que chacun puisse bénéficier de ses droits. Nul est au dessus de la loi.
Sébastien Lamba - Correspondant pour JPA Productions
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